Pour celles et ceux qui aiment marcher mais redoutent d’avoir mal aux genoux après 60 ans, plusieurs leviers d’action existent afin de préserver la mobilité sans souffrance. Voici les points essentiels à connaître pour marcher plus longtemps sans douleur :
  • Comprendre l’origine des douleurs aux genoux liées à l’âge pour mieux les prévenir.
  • Adapter ses habitudes de marche, tant dans la posture que dans le choix des itinéraires et de l’équipement.
  • Pratiquer régulièrement des exercices ciblés pour renforcer les muscles et préserver les articulations.
  • Mettre en place des solutions complémentaires (aides techniques, adaptations simples, suivi médical si besoin) pour sécuriser ses déplacements.
  • Savoir quand adapter son rythme ou consulter, sans culpabilité ni résignation.
Prendre soin de ses genoux, c’est s’offrir la liberté de continuer à sortir, rencontrer, et profiter de chaque pas — en confiance et à son propre rythme.

Pourquoi les douleurs au genou augmentent-elles après 60 ans ?

Le genou est une articulation très sollicitée. Avec l’âge, certaines causes de douleurs deviennent plus fréquentes :

  • Usure du cartilage (arthrose) : Très répandue après 60 ans, elle réduit l'amortissement et rend chaque pas plus douloureux. Selon l’Inserm, 65% des plus de 65 ans présentent des signes d’arthrose du genou, même sans symptômes sévères.
  • Diminution de la musculature (fonte musculaire) : Les muscles stabilisateurs se relâchent avec l’âge, sollicitant davantage les articulations.
  • Rigidité et perte de souplesse : Les tendons et ligaments deviennent moins élastiques, rendant les mouvements plus difficiles.
  • Petites blessures mal récupérées : Une chute ou une entorse ancienne non soignée peut fragiliser durablement le genou.

L’activité physique reste pourtant essentielle pour nourrir le cartilage et éviter la dégradation. La difficulté tient donc souvent à trouver le bon dosage pour bouger assez, mais sans se faire mal.

Comment adapter sa façon de marcher pour préserver ses genoux ?

Quelques ajustements dans la marche font, à eux seuls, une vraie différence. L’idée n’est pas de se transformer en sportif, mais simplement de protéger ses articulations au quotidien.

  • Opter pour une marche souple et régulière : Évitez les impacts brusques (montées, descentes rapides, sols durs). Privilégiez les surfaces souples : sentiers forestiers, pelouses, chemins stabilisés plutôt que le bitume pur.
  • Prendre son temps : Allonger le temps de marche mais diminuer la vitesse. Quelques pauses régulières réduisent la fatigue articulaire et relancent la circulation.
  • Bien choisir son équipement : Des chaussures à semelle épaisse et amortissante, un bon maintien du pied, évitent bien des douleurs. Les modèles conçus pour la marche ou la randonnée douce sont recommandés, surtout pour les sorties un peu longues ou sur terrain varié (source : UFC-Que Choisir).
  • Penser aux bâtons de marche : Ils réduisent la charge sur les genoux de 20 à 30 % lors de la marche, notamment dans les descentes [1]. C’est un accessoire simple, qui apporte aussi de la stabilité.

La clé : écouter les signaux de ses genoux, ne pas hésiter à changer d’itinéraire ou à prévoir une assise pour des pauses au besoin.

5 exercices adaptés pour renforcer les genoux après 60 ans

Renforcer les muscles qui entourent le genou, notamment la cuisse et les mollets, diminue significativement le risque de douleurs à l’effort. Quelques minutes chaque jour ou trois fois par semaine suffisent pour observer une amélioration.

  1. Extension de la jambe assis :
    • Asseyez-vous au bord d’une chaise, le dos droit.
    • Dépliez la jambe lentement jusqu’à ce qu’elle soit droite, tenez 3 secondes, puis relâchez.
    • 10 fois de chaque côté.
  2. Lever de talon debout :
    • Appuyez-vous légèrement sur une chaise.
    • Montez lentement sur la pointe des pieds, puis redescendez doucement.
    • 10 à 15 fois pour renforcer les mollets et la stabilité du genou.
  3. Squat léger (demi-accroupissement) :
    • Pieds écartés, descendez en poussant les fesses vers l’arrière, genoux bien au-dessus des pieds. Maintenez la position quelques secondes et remontez lentement.
    • 5 à 8 répétitions, en vous aidant d’une chaise devant si besoin.
  4. Étirement ischio-jambiers :
    • Allongé sur le dos, une jambe pliée, saisissez l’autre jambe étendue (avec une serviette éventuelle sous le pied), et tirez-la doucement vers vous pour étirer l’arrière de la cuisse.
    • Maintenez 20 secondes. Faites-le 2-3 fois par jambe.
  5. Renforcement des hanches (abduction) :
    • Couché sur le côté, levez la jambe du dessus sans tourner le bassin. Maintenez 2 secondes, relâchez. 10 à 15 fois par côté.

Avant tout nouvel exercice, une rééducation personnalisée via un professionnel (kinésithérapeute, ergothérapeute) reste idéale, surtout après une blessure ou une opération.

Prévenir et gérer la douleur : astuces de la vie quotidienne

La prévention passe aussi par des gestes simples et une bonne hygiène de vie :

  • Écouter la douleur sans la banaliser : Une gêne ponctuelle n’est pas grave, mais une douleur persistante ou croissante doit inciter à consulter un professionnel.
  • Garder un poids stable : Chaque kilo en plus pèse lourd sur les genoux (1 kilo de surpoids = 4 kilos de pression en plus à chaque pas selon la Société Française de Rhumatologie).
  • Adapter les sols à la maison : Privilégier les tapis antidérapants, supprimer les obstacles pour éviter les microtraumatismes liés aux chutes ou faux pas.
  • Bien s’hydrater : Les cartilages sont faits à 70% d’eau. Boire régulièrement aide à préserver leur souplesse.
  • Privilégier des activités complémentaires non traumatisantes : Vélo d’appartement, natation, gym douce… Elles entretiennent la mobilité sans forcer sur les articulations.

Quand avoir recours à des aides ou à l’avis d’un professionnel ?

Accepter un appui, ce n’est pas renoncer à sa mobilité, c’est parfois s’offrir la chance de la conserver plus longtemps.

  • Appareillages simples : Genouillère souple, orthèse, semelles adaptées : leur usage, même temporaire, peut soulager et sécuriser la marche.
  • Aides à la marche : Une canne bien réglée, une béquille légère ou des bâtons sont de précieux relais, ponctuels ou réguliers, pour marcher plus et mieux.
  • Consultation spécialisée : Kinésithérapeute, ergothérapeute ou médecin du sport peuvent adapter les conseils à votre situation, proposer un programme personnalisé, réajuster le traitement ou guider vers une solution sur mesure.
  • Ateliers collectifs : Marches santé, ateliers mouvements, sont organisés dans de nombreux quartiers ou associations locales. Ils allient convivialité et sécurité: deux ingrédients clés pour rester motivé.

Même pour une gêne ancienne, il n’est jamais trop tard pour agir. Parfois, un tout petit changement (semelle adaptée, marche accompagnée, pauses plus fréquentes) fait toute la différence sur le terrain.

Adapter ses sorties pour rester motivé et mobile

La fatigue et la peur de la douleur poussent parfois à éviter les sorties. Pourtant, la meilleure prévention du repli est la régularité, à son échelle et selon ses envies.

  • Aménager le temps… Mieux vaut sortir plus souvent mais moins longtemps, plutôt que de tout miser sur une grande sortie hebdomadaire.
  • Varier les plaisirs… Alterner promenades courtes, activités culturelles proches de chez soi, visites à pied de quartiers, ou même jardinage en extérieur.
  • Marcher à plusieurs… En couple, avec un ami, un voisin : on se motive davantage, on partage le rythme et on ose faire des pauses.
  • Savoir renoncer… Remplacer une grande marche par une petite boucle, sans culpabiliser, c’est aussi s’adapter à son corps et préserver l’envie.

Remettre la marche au cœur de sa vie, sans douleur inutile

Préserver la possibilité de marcher longtemps, en limitant les douleurs au genou après 60 ans, ne nécessite pas de bouleversements spectaculaires. Tout commence par une attention à soi, à son équipement, et à son entourage. Plus on ose adopter des solutions — même modestes — plus on se donne la chance de rester actif, autonome, et de profiter de la vie sociale au quotidien.

  • Prendre soin de ses genoux, c’est préserver son indépendance.
  • Écouter ses limites n’interdit pas de sortir, de marcher, de rencontrer.
  • Chaque petit progrès — une promenade de plus, une douleur de moins — compte.

À tout âge, et surtout après 60 ans, il reste possible de marcher plus longtemps : pas après pas, en s’écoutant, et en acceptant de s’appuyer, parfois, sur les bonnes solutions. Rester actif n’est pas une affaire de performance, mais d’élan retrouvé, de lien social conservé, et de plaisir renouvelé à chaque sortie.

Sources :

  • Inserm, Arthrose : chiffres clés et recommandations, 2021.
  • Société Française de Rhumatologie, Équilibre et genou après 60 ans.
  • Conseils UFC-Que Choisir sur les chaussures adaptées seniors, 2023.
  • [1] Fédération Française de Randonnée, « Randonnée et seniors : les bienfaits des bâtons de marche pour protéger les articulations », 2022.

Pour aller plus loin