Quand l’automne arrive, les trottoirs et chemins se couvrent de feuilles tombées, souvent rendues glissantes par la pluie ou la rosée. Si marcher reste un des meilleurs moyens d’entretenir sa forme et de maintenir le lien social après 60 ans, la saison apporte néanmoins quelques précautions indispensables. Sols mouillés, dénivelés, baskets usées ou manque de visibilité peuvent transformer une promenade agréable en danger de chute.
  • Le risque de glissade sur feuilles est réel et amplifié par l’humidité et la baisse de vigilance ; il concerne particulièrement les seniors, mais pas uniquement.
  • Des choix simples de chaussures, de vêtements et d’accessoires, associés à des gestes adaptés et une bonne connaissance de son environnement, permettent de limiter ce risque.
  • Adapter son rythme, repérer les dangers visuels, solliciter l’entraide, et préparer ses itinéraires sont autant d’actions concrètes à portée de main.
  • L’autonomie et la confiance restent à la portée de tous, même quand les conditions semblent défavorables.
En quelques gestes, il est possible de continuer à sortir, garder ses habitudes, et profiter de la saison en toute sérénité.

Les feuilles mouillées : un risque saisonnier trop souvent sous-estimé

L’automne offre des paysages magnifiques, mais cache aussi ses pièges. Les feuilles mortes et l’humidité forment un mélange redoutable. En milieu urbain comme à la campagne, ces tapis glissants sont responsables d’une augmentation sensible des chutes entre octobre et décembre. Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), près de 40% des chutes chez les seniors se produisent à l’extérieur, et une part non négligeable survient lors de balades en automne. Les feuilles créent une fine pellicule entre la chaussure et le sol, semblable à une plaque de verglas. Les risques sont accrus en cas de pluie, mais aussi tôt le matin, quand la rosée n’a pas encore séché. Les surfaces lisses (dalles, trottoirs, marches d’escalier) sont particulièrement à surveiller. Il est essentiel de rester vigilant : même les promeneurs aguerris peuvent être surpris, surtout si l’attention est tournée vers les couleurs de la saison ou une conversation animée avec un ami.

Pourquoi marche-t-on plus volontiers en automne… et pourquoi les chutes augmentent ?

L’automne invite à sortir : températures agréables, air frais, couleurs superbes. De nombreux seniors profitent de cette période pour maintenir leur routine de marche ou découvrir des nouveaux itinéraires. Malheureusement, le risque de chute par glissade augmente.

  • La lumière décroît en fin d’après-midi, rendant les obstacles moins visibles.
  • L’humidité s’installe durablement sur les feuilles et les sols (rosée, pluies fréquentes).
  • Les chaussures peuvent être inadaptées, usées ou peu adhérentes.
  • Les itinéraires habituels (trottoirs, parcs, chemins forestiers) ne sont pas toujours entretenus pour prévenir les feuilles glissantes.

Le sentiment d’assurance, souvent lié à la pratique régulière de la marche, peut conduire à sous-estimer ces dangers temporaires mais bien réels.

Reconnaître les situations à risque : où et quand faut-il particulièrement faire attention ?

Plusieurs facteurs augmentent significativement la probabilité de glissade sur feuilles humides. Les connaître permet d’anticiper :

  1. Les chemins recouverts de feuilles épaisses : les tas de feuilles cachent parfois branches, trous ou dénivelés, multipliant les pièges.
  2. Les trottoirs en pente ou dallés : le mélange surface lisse/humide/feuilles devient glissant comme du savon.
  3. Les bouches d'égout, plaques métalliques, rampes, escaliers extérieurs : attention quand une fine couche de feuilles y adhère.
  4. Les passages ombragés ou mal éclairés : la lumière rasante masque les reliefs, surtout en fin de journée.
  5. Les arrêts fréquents (pour regarder les vitrines ou discuter) : en repartant, le pied accroche moins bien.

Équipement : choisir les bonnes chaussures pour marcher en confiance

Le choix de la chaussure conditionne fortement la stabilité, surtout quand le sol est traître.

  • Semelles antidérapantes : privilégier des semelles crantées ou à relief profond (type chaussures de marche urbaine, bottines avec grips).
  • Talon large et bas : éviter les talons fins, préférer une base large pour plus de stabilité.
  • Chaussures bien ajustées : une chaussure trop grande favorise les pertes d’équilibre.
  • Matière imperméable et respirante : le pied reste au sec, le confort dure plus longtemps, ce qui évite de précipiter la marche sous la pluie par inconfort.

Certaines marques proposent désormais des modèles adaptés (Mephisto, Ecco, Geox), mais l’essentiel reste la semelle : retournez vos chaussures, observez l’usure et remplacez-les si nécessaire.

Si le budget est limité, des sur-chaussures anti-dérapantes, type semelles à crampons amovibles, existent à moins de 20 € en grandes surfaces sportives.

Anecdote : en France, plusieurs mutuelles ou CCAS proposent des ateliers « bien choisir ses chaussures » pour les seniors. N’hésitez pas à vous renseigner dans votre commune.

S’habiller et s’équiper : voir et être vu pour sécuriser sa marche

Outre les chaussures, l’équipement vestimentaire et les accessoires ont leur importance.

  • Privilégier des vêtements souples et imperméables : un manteau de pluie léger, une cape ou une veste coupe-vent, qui laissent bouger les bras aisément, sont préférables à un parapluie encombrant.
  • Un bonnet ou une casquette : protège non seulement du froid, mais évite d’être distrait par les gouttes de pluie (qui ralentissent et perturbent la marche).
  • Gants fins : gardent la sensibilité sans perdre d’adhérence sur la canne, la poussette, ou la rampe.
  • Bâton de marche ou canne équipée d’un embout antidérapant : sécurise la progression, surtout sur de longues distances.
  • Accessoires réfléchissants : brassard, sac à dos fluo, ou petite lampe clip, pour être visible dans la pénombre.

Pour ceux qui sortent le soir ou tôt le matin, la visibilité est critique. Un simple bandeau réfléchissant peut littéralement éviter une chute, non seulement parce que vous êtes vu(e), mais aussi parce que vous voyez mieux où vous mettez les pieds.

Adapter sa démarche et son parcours : gestes simples pour prévenir la glissade

La meilleure chaussure ne remplacera jamais une attention de chaque instant. L’adaptation de la marche elle-même permet de réduire le risque de chute.

  • Réduire l’amplitude du pas : marcher à petits pas, pieds légèrement ouverts, accroît la stabilité.
  • À chaque pause, vérifier le sol : repartir doucement après un arrêt évite de glisser brutalement.
  • Regarder 2 à 3 mètres devant soi : cela permet de détecter une zone à risque et de l’éviter calmement.
  • Éviter de marcher sur les amas touffus de feuilles, préférer les zones dégagées (bord du trottoir, centre du chemin).
  • Prendre appui systématiquement sur une rampe, un bâton lorsque disponible, en particulier dans les escaliers ou les descentes.

Astuce : si vous devez traverser une zone tapissée de feuilles épaisses, avancez lentement, genoux légèrement fléchis, et n’hésitez pas à demander le bras d’un proche ou d’un passant.

Préparer ses sorties d’automne : itinéraires, anticipations et petits réflexes qui changent tout

Planifier, même pour une promenade habituelle, reste une clé pour sortir sereinement.

  1. Consulter la météo : Privilégier un créneau où avril les pluies sont faibles ou où la lumière est bonne.
  2. Privilégier les rues principales, larges, bien entretenues : elles sont plus régulièrement nettoyées que les petites allées ou sentiers secondaires.
  3. Informer un proche (si vous sortez longtemps ou dans un parc moins fréquenté) : envoyer un message ou indiquer votre heure de retour estimée.
  4. Adapter le temps de sortie à son rythme : mieux vaut décaler une marche que se presser sur un sol à risque.

Bon à savoir : de nombreuses municipalités assurent un service de balayage plus fréquent en automne pour lutter contre les feuilles glissantes. Signalez tout secteur problématique à votre mairie, cela profite à tous.

Chutes : savoir réagir et explorer les solutions locales de prévention

Même bien préparé, un accident n’est jamais exclu. Prévoir « au cas où » n’enlève rien à l’autonomie, au contraire : cela rassure et donne la confiance nécessaire pour continuer à sortir.

  • Porter un téléphone portable chargé, facile à manipuler (certains modèles sont spécialement conçus pour les seniors).
  • En cas de chute, rester calme, appeler à l’aide ou un proche, et tenter de rejoindre un point d’appui plutôt que de se relever brutalement.
  • Participer à un atelier d’équilibre ou de prévention des chutes : de nombreuses caisses de retraite, clubs seniors et mairies en proposent à l’automne, souvent gratuitement (voir site pour-les-personnes-agees.gouv.fr).

Le port d’un dispositif d’alerte ou d'une montre connectée peut être envisagé pour les personnes fragilisées, mais rien ne remplace le soutien du voisinage et la prévention de groupe.

Rester mobile et confiant, même par mauvais temps

Prendre soin de soi en adaptant ses habitudes saisonnières n’a rien à voir avec renoncer à la liberté de sortir. Bien au contraire, il s’agit d’un vrai choix d’autonomie. Marcher en automne, même quand le sol est glissant, permet d’entretenir sa forme, de maintenir son réseau social, et de profiter des petits plaisirs de saison (un café après la balade, la rencontre d’un voisin, le marché coloré).

La prudence n’est pas l’ennemi de la spontanéité. Quelques ajustements dans l’équipement, le rythme, et la préparation changent tout. L’automne devient alors une opportunité de tester de nouvelles balades, d’en parler autour de soi, et peut-être de créer une dynamique de quartier.

La mobilité, la confiance et le plaisir restent accessibles, pas à pas – même sur les feuilles mouillées.

Pour aller plus loin